La négociation

Si vous êtes parvenu au stade de la négociation, c’est que vous êtes vraiment très proche du recrutement en bonne et due forme ! Mais de quoi parle-t-on, exactement ?

  1. Une négociation surtout salariale

Le terme « négociation » est trompeur à plus d’un titre. Avant tout, parce que tout n’est pas ouvert à la discussion. De très nombreux éléments du package salarial sont gérés de manière collective dans les entreprises, ce qui signifie qu’elles ne font pas ou très rarement l’objet de discussions individualisées. Le nombre de jours de congé, par exemple, n’est pas un objet de négociation, ni les avantages extra-légaux classiques comme les chèques-repas, une éventuelle assurance de groupe, etc. C’est donc essentiellement sur le salaire que va porter la négociation.

  1. Dans laquelle les juniors n’ont souvent… rien à dire

Ne vous méprenez pas, en tant que junior, sur la nature de la question qu’on va éventuellement vous poser : « Qu’est-ce que vous demandez comme salaire ? » Il s’agira le plus souvent d’une question de pure forme, dans la mesure où, démarrant votre carrière, on n’attend pas vraiment de vous que vous exposiez de véritables ambitions en la matière ! Vous n’aurez véritablement voix au chapitre que plus tard, par exemple lorsque vous changerez d’employeur : vous ne ferez alors vraisemblablement le pas que si ce nouvel employeur vous propose une rémunération supérieure, en ayant en main un élément de comparaison et de négociation.

  1. Un proposition plutôt qu’une vraie négociation

Le plus souvent, le recruteur ne vous demandera donc pas vraiment, en tant que junior, quelles sont vos prétentions mais vous fera une proposition : « Voici ce que nous vous proposons. » Il va de soi que vous êtes libre d’accepter, de refuser, ou à tout le moins d’exprimer un certain étonnement si cette proposition vous semble sensiblement inférieure au marché. Les outils pour vous renseigner sur les salaires en vigueur selon le diplôme, la fonction, voire le secteur, ne manquent pas : le Compas des Salaires de Références, en particulier, vous donnera une bonne évaluation et vous pourrez, à tout le moins, exposer à votre interlocuteur le montant que ce Compas vous a mentionné.

Accepter ou refuser ?

Très rares sont celles et ceux qui, à la sortie des études, peuvent vraiment négocier leur salaire : il faut vraiment que leur diplôme soit en pénurie et qu’ils affichent, à titre personnel, des qualités exceptionnelles comme un bilinguisme absolument parfait par exemple. Eux seuls savent, avec certitude, qu’ils trouveront facilement ailleurs s’ils refusent la proposition qu’on leur fait.

Quid des autres ? Le marché de l’emploi étant ce qu’il est, il est fort probable que vous allez un peu galérer avant de trouver votre premier emploi. Dès lors, mesurez l’opportunité qui vous est faite si vous arrivez au stade de la « négociation », et n’ergotez pas trop. Saisissez plutôt pleinement votre chance, profitez de cette première expérience qui vous tend les bras et que vous aurez tout le loisir de valoriser ultérieurement.  Bref, sauf si la proposition est vraiment malhonnête, n’hésitez pas trop : acceptez !