3 questions à un DRH

Gilles KLASS | Expert en ressources humaines et administrateur de sociétés

Si le CV est « important », comment qualifier l’interview ?

Cette étape est déterminante puisque c’est à l’issue de celle-ci qu’on prend la décision, ou non, de recruter le candidat. La toute bonne nouvelle, c’est que l’humain continue d’y prédominer ! Même dans les entreprises les plus formalisées, au sein desquelles le processus englobe de multiples tests, questionnaires et autres mises en situation, le recrutement reste au final une histoire d’alchimie : il faut donc se parler, échanger, dialoguer… pour que la séduction opère des deux côtés. Il est en réalité très rare que l’interview se déroule en une seule étape : le processus implique plusieurs rencontres, avec le responsable RH mais aussi le chef avec qui on va travailler, parfois même avec de futurs collègues.

Comment appréhender au mieux cette phase cruciale ?

Deux mots-clés : préparation et motivation ! Se préparer, c’est finalement très simple : bien se renseigner sur l’entreprise, son activité, ses valeurs, la fonction éventuelle pour laquelle on postule mais aussi se préparer très concrètement à répondre aux questions que le recruteur va indubitablement poser : « Pourquoi postulez-vous chez nous ? », « Quelles sont vos ambitions ? », « Que pensez-vous pouvoir nous apporter ? », par exemple. La motivation est elle aussi absolument indispensable. Il faut se mettre dans l’état d’esprit d’un sportif avant une compétition… ou d’un étudiant avant un examen : une partie essentielle de la réussite se construit dans la tête, par le mental.

Qu’est-ce qui, à l’inverse, risque de minimiser ses chances de succès ?

Sans surprise : l’impréparation et la passivité. Il n’y a rien de plus énervant pour un recruteur que de se rendre compte que le candidat ne sait même pas chez qui ni pourquoi il postule – or, cela arrive encore trop souvent. Quant à la passivité, il ne faut pas la confondre avec un caractère introverti par exemple : tous les jobs n’exigent pas d’avoir une mentalité de leader, d’être charismatique… sinon bien peu de gens travailleraient ! Ce qui est très néfaste pour le candidat, c’est de rester en position d’attente : il doit montrer  son implication en ayant un dossier sous le bras, en prenant des notes, en posant des questions pertinentes. On n’est donc pas dans un jeu de rôles, où il faudrait forcer sa personnalité, mais simplement dans une situation où il est très important de montrer qu’on a un objectif et qu’on se donne les moyens de l’atteindre.